Ce soir Beauvais vit une première mondiale : l’œuvre commandée à Julien Joubert résonnera pour la toute première fois sous les voûtes de la cathédrale, portée par huit violoncelles dont celui d'un de mes proches. Venez découvrir cette naissance musicale en vous promenant dans la cathédrale... Explications
Mes petits maestros en folie, ce soir la cathédrale de Beauvais va vibrer comme une vieille dame qui retrouve sa jeunesse. On y joue une œuvre toute neuve, une création mondiale commandée spécialement à Julien Joubert. Un compositeur qui sait faire chanter les pierres et danser les voûtes. Pour cette première, ce baptême musical, ce saut dans le vide avec filet de lumière, huit violoncellistes vont unir leurs cordes comme une armée de chevaliers sonores. Parmi eux mon père, Jean‑Paul Déalet, qui va envoyer ses notes dans le chœur comme on envoie des colombes dans le ciel. À ses côtés, la formidable Diana Ligeti, nièce lointaine du géant György Ligeti et capitaine du Festival International de Violoncelle. Avec elle, Anne‑Lise Branquet, Alexandre Soumagne, Paul Gonon, Thomas Prechal, Antoine Trouvé et Laurent Rannou. Tous prêts à faire trembler la cathédrale comme si elle avait un cœur qui battait sous la pierre. Et moi je vous le dis, mes Beauvaisiens et mes Beauvaisiennes, venez écouter cette naissance musicale. Venez flâner dans l’exposition installée à côté. Venez sentir ce moment où une œuvre apparaît pour la première fois au monde, comme un enfant qui pousse son premier cri. Ce soir vous pourrez dire j’y étais. Et qui sait, peut‑être que cette pièce aura le destin d’un Boléro de Ravel. Reprise partout. enregistrée…Jouée par tous les violoncellistes. Intégrée dans les répertoires comme une évidence. Un passage obligé. Un classique né sous vos yeux. Moi je serai là, heureux comme un coq, à écouter mon père et ses compagnons faire naître quelque chose de beau, de grand, de rare. Et je vous le dis sans détour, je préfère mille fois être dans ce monde‑là. Celui où la musique élève. Où l’art rassemble. Où les cordes parlent mieux que les poings. Parce que ce soir Beauvais respire par les ouïes. Beauvais démarre son grand festival autour de cet instrument. Et ça, mes loustics, c’est un miracle sans fausse note !
Peter Patfawl