Mes petits bigorneaux, aujourd’hui je vous embarque dans mon péché mignon cinéphile, la comédie qui me remet la couenne d’aplomb à chaque visionnage, La Grande Vadrouille, ce monument où Bourvil et De Funès cavalent comme deux poulets échappés de la rôtissoire, un film qui me fait rire même quand la météo intérieure fait la gueule. Culte !
Mes petits harengs en claquettes, laissez moi vous parler d’un film qui me répare mieux qu’un ostéo sous amphétamines. Un film qui me remet les idées en place quand la vie me secoue comme un cocotier enrhumé. Un film qui sent la France d’avant, celle des cinés de quartier, des dimanches en famille, des rires qui claquent sans demander la permission. Ce film, c’est La Grande Vadrouille. Et chaque fois que je le relance, j’ai l’impression de retrouver deux tontons un peu siphonnés qui me racontent pour la millième fois comment ils ont roulé dans la farine une armée entière sans renverser leur verre de blanc. Bourvil, avec sa douceur de brioche tiède. De Funès, avec sa tronche de citron pressé. Les deux ensemble, c’est un cocktail qui te réchauffe la carcasse. Un mélange de tendresse et de folie douce. Un truc qui te fait oublier que le monde part parfois en sucette.
Gérard Oury, ce magicien du burlesque, te prend l’Occupation, un sujet pas franchement rigolo, et il t’en fait un opéra comique. Les bombes deviennent des pétards du 14 juillet. Les parachutistes anglais tombent dans les bras de Bourvil comme des cadeaux du ciel. De Funès dirige son orchestre comme un moustique sous caféine. Et moi, je suis là, hilare, accroché à leur camionnette bringuebalante. Ce film, mes harengs, c’est pas une comédie. C’est un antidépresseur en pellicule. Un câlin de cinéma. Un pansement sur les bleus du quotidien. Chaque scène est un bijou. Le bain turc. Les planeurs. Les toits de Paris. Les caves où on retient son souffle. Tout est réglé au millimètre. Tout est ciselé. Tout est drôle sans jamais forcer. Et je me dis que si un jour on devait envoyer un film dans l’espace pour expliquer aux extraterrestres ce que c’est que l’humour humain, faudrait leur filer celui‑là. Histoire qu’ils pigent qu’on est peut‑être des branquignols, mais des branquignols qui savent rire même quand l’Histoire leur marche sur les arpions. Et ça, mes loustics, c’est une force. Une vraie. Une qui te tient debout quand tout part en quenouille. Alors oui. La Grande Vadrouille, c’est ma comédie préférée de De Funès. Mon remède anti‑grisaille. Mon tube de vitamine D quand le moral fait la gueule. Et si vous avez un coup de mou, un coup de blues, un coup de tout, remettez‑vous ce chef‑d’œuvre. Laissez Bourvil vous prendre par la main. Laissez De Funès vous secouer les neurones. Et vous verrez. Votre journée aura un goût de confiture maison. Et un parfum de nostalgie joyeuse. Voilà pourquoi ce film trône en haut de mon panthéon personnel. Bien calé entre le saucisson et les souvenirs d’enfance.