Certains commentateurs affirment que le service public serait idéologiquement orienté. D’autres dénoncent la méthodologie utilisée pour le prouver. Une affaire où la caricature semble parfois courir plus vite que les faits.
Mes petites loutres en goguette, laissez moi vous causer d’une enquête qui sent la poudre de perlimpinpin et la méthodologie qui boite comme un canard enrhumé. Voilà que notre ami Alloncle, élu à l’extrême droite de son état, a voulu démontrer que le service public était un repaire de gauchistes, un nid de rouges, une fabrique de drapeaux militants. Pour étayer son propos, certains observateurs expliquent qu’il s’est appuyé sur un rapport de l’institut Thomas More, un organisme réputé très conservateur selon plusieurs analyses. Jusque‑là, pourquoi pas. Sauf que la méthode employée dans ce rapport a fait lever plus d’un sourcil chez les spécialistes. On raconte par exemple qu’une émission de Complément d’enquête aurait été classée “très à gauche” parce qu’elle utilisait le mot “féminicide”. Oui, mes petites loutres, un mot. Un seul. Et hop, case idéologique. On raconte aussi que la météo aurait été rangée dans la catégorie “très à gauche” parce que l’expression “réchauffement climatique” y apparaissait. Le bulletin météo, militant révolutionnaire, fallait y penser. Et c’est avec ce genre d’éléments que Charles Alloncle aurait voulu démontrer l’orientation idéologique du service public, comme certains commentateurs l’ont résumé avec un sourire en coin. Alors bien sûr, les députés vont voter mais quand une enquête ressemble à un sketch et qu’un rapport confond vocabulaire courant et manifeste politique, ça donne parfois l’impression que la conclusion était écrite avant même la première ligne. Totalement ridicule, ce procès, à l’image de cette commission de glandus extrémistes…