T18, la petite chaîne qui pense encore avec sa tête (chronique culturelle)

Entre culture, débats propres et programmes qui élèvent au lieu d’abêtir, T18 s’impose comme une oasis dans un désert télévisuel saturé de bruit et de faux scandales. Explications

Mes petits pixels en folie, laissez moi vous causer d’une chaîne qui m’a attrapé par le col sans prévenir. Depuis quelque temps, je mets régulièrement T18. Et je vous le dis tout net. Cette chaîne, créée par le groupe CMI, c’est un drôle de mélange entre France 5 et Arte. Une chaîne qui respire. Une chaîne qui réfléchit. Une chaîne qui ne te hurle pas dessus pour te vendre du vide. Alors je vous préviens. Si vous aimez les émissions façon foire à la grimace, avec des invités perdus, des chroniqueurs qui confondent cerveau et slip, des fake news balancées comme des cacahuètes et de la télé‑réalité qui transforme la bêtise en sport olympique, ne lisez pas la suite. Ça risque de vous faire tousser.

Moi, j’aime les programmes qui inspirent. Qui élèvent. Qui ouvrent des fenêtres au lieu de fermer des neurones. C’est pour ça que je navigue entre Arte, France 5, T18 maintenant, et parfois France 3 quand l’envie me prend. La télévision doit être une fenêtre sur le monde. Pas un trampoline à conneries. Et T18, là‑dedans, fait le boulot. D’abord, il y a Les carnets de Julie. Un bonheur. Du voyage. De la connaissance. De la gourmandise. Julie marche dans les pas du regretté Jean‑Luc Petitrenaud, ce prince des escapades, tout en restant elle‑même. Ensuite, il y a Non élucidé. Une émission qui remet en lumière des affaires judiciaires encore ouvertes. C’est propre. C’est écrit. C’est carré. Puis En quête de sens. Un documentaire au milieu. Des débats construits autour. Pas de cirque. Pas de hurlements. Pas de pugilat de comptoir. Ça change de ce qu’on voyait jadis sur certaines chaînes où le chaos servait de conducteur. Et puis il y a Pour tout dire. Un talk‑show mené par Matthieu Croissandeau. Pro. Calme. Structuré. Avec des invités qui parlent pour dire quelque chose. Comme le talk de Ruquier sur la même chaîne. Ça respire. Ça discute. Ça pense. Le seul bémol, mes petits téléspectateurs en folie, c’est qu’il manque un dessinateur. Un vrai. Un œil vif. Un crayon libre. Comme dans 28 minutes sur Arte. Ce petit rendez‑vous qui ne paye pas de mine mais qui apporte un souffle de liberté. Un sourire. Un contrepoint. Ça manque un peu. Mais pour tout le reste. Très bien. Je valide. Je signe. J’approuve. La télévision ne doit pas vous rendre cloche mais vous apprendre des choses. Comme l’aurait dit Jean-Luc Petitrenaud lui-même : Bravo les artistes !

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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