Mes petits globules en cavale, pendant que les réseaux sociaux s’affolent pour un hantavirus qui n’a rien demandé, l’OMS, elle, se prend une baffe sanitaire venue tout droit de la RDC. Un truc sérieux. Un truc létal. Un truc qui devrait faire trembler les murs. Mais tout le monde s’en fout. Explications
Pendant que sur les réseaux on flippe à cause d’un hantavirus comme si un nouveau confinement allait débarquer en claquettes, l’OMS est en PLS totale parce qu’en République Démocratique du Congo ça chauffe comme une marmite oubliée sur le feu. Dimanche ils ont déclenché le deuxième niveau d’alerte face à un variant d’Ebola qui ne plaisante pas. Un truc hautement létal.
Sans vaccin. Sans traitement. Sans rien. Le 16 mai ils ont confirmé quatre‑vingts décès suspects dans la province du foyer épidémique. Quatre‑vingts. Pas quatre. Pas huit. Quatre‑vingts. Et pendant ce temps‑là les commentaires français continuent à débattre de savoir si on doit acheter du papier toilette en avance. Le chef de l’OMS a déclaré que la maladie causée par le virus Bundibugyo constitue une urgence de santé publique internationale. Mais pas encore une urgence pandémique. Pas encore. Les chercheurs estiment que le taux de létalité tourne autour de cinquante pour cent. Une pièce. Pile tu vis. Face tu crèves. Et l’OMS rappelle que tout ça se déroule dans un cocktail explosif. Insécurité persistante dans l’est congolais. Crise humanitaire. Densité urbaine. Réseaux médicaux informels. Bref un terrain de jeu parfait pour un virus qui adore le chaos. Et pourtant silence radio dans les médias occidentaux. Pas un bandeau rouge. Pas un frisson. Pas un “édition spéciale”. On dirait que tout le monde s’en fout. Faudra‑t‑il attendre que l’exploitation du cobalt, dont la RDC fournit soixante‑dix pour cent des ressources mondiales indispensables aux batteries de nos smartphones, soit perturbée pour que ça bouge enfin. Tant que ton téléphone charge normalement, tout va bien. Mais dès que ton écran clignote, là soudain ça devient grave. Mes agneaux, ouvrez les yeux. Le monde brûle. Et nous on regarde ailleurs.