Mes petites folies, Spotify vient d’inventer le badge “humain certifié”, comme si on devait désormais prouver qu’on n’est pas un grille‑pain qui chante. Dans une époque où l’IA musicale pond des morceaux plus vite qu’un lapin sous caféine, ça sent la panique sous le vernis.
On vit une époque formidable où tu ne sais même plus si ce que t’écoutes est joué par un humain ou par un grille‑pain sous stéroïdes. Alors Spotify a sorti une nouveauté. Un badge “Verified by Spotify”. Un petit tampon bleu qui te dit que l’artiste est bien un humain. Un vrai. Un qui respire. Un qui transpire. Un qui fait des fausses notes. Parce qu’aujourd’hui, selon Deezer, quarante‑quatre pour cent des morceaux uploadés chaque jour sont générés par l’IA. Quarante‑quatre pour cent. Presque la moitié. On nage dans la soupe algorithmique. Et ce badge pourrait être une bonne idée.
Une manière de remettre l’humain au centre. Sauf que non. D’après Halluworld c’est un foutoir sans nom. Spotify continue à pousser la musique produite par IA sans prévenir personne. Et les artistes indépendants, ceux qui bricolent dans leur chambre, ceux qui sortent un album tous les dix ans, ceux qui n’ont pas de merchandising, pas de tournée, pas de réseaux sociaux dignes de ce nom, eux vont morfler. Parce que pour avoir le badge il faut prouver que t’existes hors ligne. Faut montrer patte blanche. Faut être visible. Faut être bankable. Et le pire c’est que même si l’artiste est humain, rien ne garantit que sa musique l’est. Tu peux être un humain qui ne fait que cliquer sur Suno ou un autre générateur musical. Et Spotify n’y voit aucun problème. Au contraire. Ça légitime encore plus les algorithmes. Ça leur donne un visage humain. Une caution. Une façade. Pendant ce temps‑là Deezer, cocorico, fait l’inverse. Ils détectent les musiques générées par IA. Ils les expulsent à la brouette. Et maintenant ils vendent même leur outil de détection à qui en veut. Spotify n’a plus d’excuses. Mais continue de jouer les équilibristes. Mes agneaux, on vit une époque où la musique devient un produit industriel. Où les algorithmes composent plus vite que les musiciens. Où les plateformes préfèrent la quantité au talent. Alors accrochez‑vous à vos artistes humains. Soutenez‑les. Écoutez‑les. Parce que bientôt il faudra un badge pour prouver qu’on existe encore.