Lecornu branche la France et débranche le bon sens ! (Texte analyse politique)

Pendant que le prix de l’essence grimpe plus vite qu’un chat sur un rideau, le ministre fictif Lecornouille nous annonce que l’avenir sera électrique, qu’on le veuille ou non. Chaudières interdites, voitures branchées, aides en pagaille : une chronique pour rire jaune devant la grande prise murale nationale... Ambiance prise... de tête.

Je vais te raconter la dernière trouvaille de notre premier ministre préféré, l’inénarrable Lecornu, grand prêtre de la Prise Électrique et champion du monde du “on n’a pas d’idée mais on va en faire une quand même”. Le gars a décidé que la France devait devenir un gigantesque grille‑pain national. Plus de gaz, plus de pétrole, plus rien qui sente le fioul ou la liberté. Non, maintenant, c’est électrique ou rien. Même les moustiques vont finir en 220 volts si ça continue. D’abord, il a annoncé que les chaudières au gaz, c’était fini. Kaput. Interdites dans les constructions neuves dès la fin de l’année. Si t’as un projet d’immeuble chauffé au gaz, mon pote, tu peux le plier en avion en papier et le lancer par la fenêtre. Le futur, c’est la pompe à chaleur, la résistance électrique et le pull en laine tricoté par Mamie. Ensuite, il a sorti son joker : les voitures électriques. Tu sais, ces engins que personne ne voulait vraiment, sauf les trois voisins qui aiment les gadgets et les silences gênants. Eh bien grâce à la flambée du prix de l’essence, ces bagnoles deviennent soudain les nouvelles rockstars du bitume. Comme quoi, une bonne crise internationale, ça fait toujours plaisir aux constructeurs.

Caricature de Ioo

Lecornouille, lui, jubile. Il a annoncé 50 000 voitures électriques supplémentaires en leasing social. Pour les gros rouleurs, les aides à domicile, les infirmières, les artisans… Bref, tous ceux qui n’ont pas le temps de recharger mais qui devront le faire quand même. Et comme ça ne suffisait pas, il a promis des aides jusqu’à 100 000 euros pour les poids lourds électriques. À ce prix‑là, j’espère qu’ils font aussi le café et la vaisselle. Et attention, ce n’est pas tout. Lecornul a décidé de doubler les aides à l’électrification : de 5,5 milliards à 10 milliards par an d’ici 2030. Mais sans argent nouveau, hein ! Non, non. On va juste “réorienter”. Traduction : on prend dans une poche, on met dans l’autre, et on espère que personne ne remarque que le pantalon est troué. Pendant ce temps, les constructeurs automobiles sabrent le champagne. Ils n’arrivaient pas à vendre leurs voitures électriques ? Pas grave. La crise du pétrole s’en charge. Merci la géopolitique, merci les tensions internationales, merci le chaos mondial : grâce à vous, les ventes explosent. Comme quoi, la guerre, c’est peut‑être pas bon pour les humains, mais pour les concessionnaires, c’est Noël en avance. Et nous, dans tout ça ? On regarde ce monsieur nous expliquer que tout va bien, que l’avenir sera propre, silencieux, branché, lumineux. On sourit, on fait semblant d’y croire, et on se demande où on va recharger nos voitures quand tout le monde sera branché sur la même prise.

Parce qu’à force de tout électrifier, mon pote, j’ai peur qu’un jour, on fasse sauter le disjoncteur national. Et là, crois moi, même Lecornuche ne saura plus où il a rangé la rallonge.

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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