Avant que tu plonges dans ma vie de bouquins, laisse moi te prévenir : j’ai roulé ma bosse entre éditeurs morts, faillites, hôpitaux, succès, bastons idéologiques et renaissances. Voici le parcours d’un dessinateur qui n’a jamais lâché son crayon, même quand tout partait en vrille...
Je vais te dire un truc, lecteur : comme tu sembles parfois paumé dans ma bibliographie, je vais te refaire le film depuis le début. Parce que mine de rien, j’en ai pondu des bouquins, et pas qu’un peu. Et comme je suis dessinateur pro depuis 2011, ça commence à faire une sacrée brochette. Tout a démarré avec Couac 40, publié chez Bruno Leprince en 2011. Mon premier bébé. Un recueil de dessins d’humour politique, préfacé par Étienne Liebig. J’avais 21 piges, pas encore fini Jean Trubert, et Bruno, paix à son âme, m’a donné ma première chance. Le premier éditeur qui m’a dit : “Vas‑y gamin, montre leur.” Rien que pour ça, je lui dois une chandelle.
Ensuite, j’ai continué à tracer ma route tumultueuse. Entre 2012 et 2014, j’ai aussi beaucoup dessiné dans les journaux, fait mon stage à Charlie Hebdo, préparé mon diplôme à Paris, et subi mes deux années d’opérations au CHU d’Amiens. Une période où j’étais plus souvent sous perfusion que devant ma table à dessin, mais j’ai tenu bon.
En 2014, j’ai publié Les Interdits de Patfawl aux éditions du Petit Pavé. C’est là que j’ai rencontré Gérard et Noëlle Cherbonnier, deux éditeurs en or massif, et toute la bande des collectifs : Laurent Maffeis, Maryline Mélenchon, et les copains de chez Bruno Leprince. Une amitié qui dure encore aujourd’hui. En 2015, j’ai sorti Carnet de santé , Tome 1 chez Grrr…Art. Une BD autobiographique sur mes aventures hospitalières.
Grâce à ce bouquin, j’ai rencontré des tonnes d’associations du handicap, j’ai dessiné pour L’Handispensable Magazine, j’ai sillonné la France avec Georges, l’éditeur, et j’ai compris à quel point le handicap était mis de côté dans ce pays. Une claque, mais une claque utile. Le début de mon grand combat autour du handicap est né comme ça. En 2016, j’ai co‑publié Le psychanalyste parfait est un connard chez Devarly, avec Maud Lacroix. Un livre qui m’a valu quelques remontées de bretelles du côté des psy, mais il fallait dénoncer les dérives dans l’autisme.
Pas le choix. En 2017, j’ai remis ça avec C’est porc rire, toujours chez Devarly. Un recueil de cochonneries illustrées, hommage aux chat‑lembours de Siné.
En 2018, j’ai sorti Carnet de santé, tome 2, mais la série s’est arrêtée là. Petits soucis perso, petits soucis éditoriaux. La vie, quoi. Peut‑être que je republierai tout ici, un jour, en numérique. Si tu as un exemplaire du tome 1, sache qu’il se vend 2000 balles sur Amazon par un certain “Batard2samere-du24”. La poésie du commerce moderne.
Toujours en 2018, j’ai publié Comment garder un enfant autiste quelques heures pour aider ses parents à La Boîte à Pandore. Un manuel illustré qui a aidé des centaines de familles.
Puis j’ai enchaîné avec : Comment comprendre mon copain autiste ; Comment jouer avec mon copain dyslexique, Le manuel illustré sur le populisme
De grosses ventes. Comment comprendre mon copain autiste a dépassé les 10 000 exemplaires. Et puis… faillite de l’éditeur. Rideau. Silence radio. Deux ans de perdus. En 2022, j’ai publié “Humour de malade” chez Gérard et Noëlle Cherbonnier. Un recueil d’humour noir sur la mort, la maladie, le handicap pour les dix ans d’engagement dans le handicap.
Ça continue de se vendre tranquillement. La même année, j’ai illustré Les Infox de Zemmour avec Julien Richard‑Thomson chez Strong Doc (Il m’a valu des messages violents des fans Zemmouriens, ce n’était pas jojo !)
Puis est venue ma grande saga historique : Jean, le dernier des soldats, sur les Templiers. Prévue chez Jourdan/La Boîte à Pandore avant leur crash, finalement signée chez Bulle de Pavé, le label BD de William Cherbonnier.
Six tomes prévus. Les tomes 2 et 3 sont sortis en 2024 et 2025. Le tome 4 arrive en 2026. Un projet dont je suis fier comme un coq sur son tas de fumier.
Et en 2025, j’ai pu republier mon manuel sous un nouveau titre : Mieux comprendre mon copain autiste, chez Tom Pousse. Une maison sérieuse, humaine, spécialisée. Le livre marche bien, je fais le tour de la France pour le présenter.
J’ai 37 cierges, j’ai traversé un divorce, des faillites, des hôpitaux, des éditeurs morts, des renaissances, des coups de mou et des coups de folie. Mais je suis encore là. Et j’ai encore des choses à dire. L’humour reste ma meilleure arme de distraction massive. Et crois moi : je n’ai pas fini de tirer !!!