Nicolas Sarkozy, une deuxième fois en prison ? (Texte caustique politique)

Nicolas Sarkozy vient encore de pointer sa fraise au tribunal pour ses valises exotiques, l’air plus droit dans ses bottes qu’un comédien en tournée. Le pauvre vieux vit un feuilleton judiciaire à rallonge, mais il continue de renier ses copains plus vite que Judas un soir de promo. (texte caustique)

Nicolas Sarkozy, il est revenu au tribunal comme on revient au bistrot du coin : avec l’assurance du client fidèle qui connaît déjà la carte et qui espère qu’on lui fera crédit. Sauf que là, c’est pas un demi‑pression qu’on lui sert, c’est un dossier épais comme plusieurs dictionnaires, rempli de valises qui ont voyagé plus que lui, de dates qui s’emboîtent trop bien et de copains qui commencent à en avoir marre de jouer les fusibles. Notre ancien président, il s’assoit, il croise les jambes, il ajuste sa cravate, et il lance ce sourire de type qui a déjà fait un tour en cellule et qui en a tiré un bouquin médiocre mais vendu comme des petits pains pour la caisse du père Bolloré. Vingt jours derrière les barreaux, et il t’a pondu un pavé où il se prend pour un héros tragique, alors qu’il a juste découvert que les matelas de prison, c’est pas du latex premium. Et voilà qu’il risque d’y retourner, le bougre. Pas pour une visite guidée, non, pour un deuxième séjour, un vrai, un qui pourrait lui donner assez de matière pour se plaindre encore devant les médias et faire ouin-ouin que personne ne veut écouter même pas les murs qui pourtant ont des oreilles. Le président du tribunal lui lit les accusations, et Nikos hoche la tête comme s’il écoutait un horoscope. Puis il dégaine sa spécialité : la technique du “c’est pas moi, c’est eux”. Il balance ses coéquipiers comme des sacs de patates, il les renie, il les oublie, il les redécouvre, il les accuse, il les dédouane, il les réaccuse comme il a déjà fait avec tant d’autres amis… Un chirac et tant d’autres à l’époque. On dirait un prestidigitateur qui essaie de faire disparaître ses responsabilités dans un nuage de fumée froide. Sauf que cette fois, la fumée pique un peu les yeux. Les juges prennent des notes, les avocats soupirent, les greffiers écrivent comme s’ils étaient payés au kilomètre. Et pendant que Nikos déroule son numéro, les pièces du puzzle se mettent en place toutes seules. Les dates collent, les témoignages se recoupent, les valises aussi, et même les co‑prévenus, ceux qu’il essaie de larguer comme des vieilles chaussettes, commencent à se dire qu’ils ne vont pas porter le chapeau éternellement. Alors ils parlent, ils se défendent, ils se contredisent parfois, mais ils ne veulent plus servir de paillasson au Sarkozy. Dessin d’Aurel dans le Canard Enchainé

Et là, pour la première fois, on voit Nikos avaler sa salive. Une seule fois, mais assez pour comprendre que le gars commence à sentir que le vent tourne. Il tente encore deux ou trois pirouettes verbales, des “je n’étais pas informé”, des “on m’a trompé”, des “je faisais confiance”, mais ça sonne creux comme un tambour sans peau. Le tribunal reste de marbre. On sent qu’ils ont déjà vu des artistes, mais là, ils ont un virtuose du baratin, un Paganini de la déresponsabilisation, un Mozart du “j’étais pas au courant”. Et pourtant, malgré tout son talent, malgré son brushing, malgré son sourire, on sent que cette fois, le chef du gang pourrait bien troquer son costard pour un pyjama rayé une deuxième fois. Et le pire dans tout ça, c’est pas qu’il risque la taule une deuxième fois, ni qu’il aurait détourné des fonds pour son propre intérêt, non. Le pire, c’est qu’il pourrait écrire un deuxième tome de son bouquin sur la prison. Et ça, mon pote, ça, personne ne pourrait s’en remettre.

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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