J’entends tellement de salades, de dithyrambes et de grimaces autour de ce fichu roman que j’ai fini par me dire : « Allez, ma vieille branche, faut que t’en causes ». Alors voilà, j’avais envie de partager ma lecture du moment, histoire de mettre mon grain de sel dans le brouhaha... Bonne lecture !
Nom d’un écrivain qui écrivait plus vite que la foudre, grâce à des personnalités comme Yasmina Behagie, la grande librairie et d’autres youtubeurs cultivés, je suis plongé dans Ulysse de James Joyce et je te jure que ce roman, même en 2026, il te met une claque qui te décale la mâchoire de trois centimètres. Je voulais faire une chronique dans mon fanzine culturel “Foutoir” mais j’étais trop pressé, alors je te donne rendez-vous ici, t’en feras ce que tu voudras, ma grande. Alors ce pavé, tu l’ouvres, tu lis trois lignes, et tu comprends que t’es pas dans un livre, t’es dans un cyclone littéraire, un truc qui te prend par le col et qui te secoue comme un tapis plein de poussière. Joyce, c’est pas un auteur, c’est un séisme. Et moi, je lis ça le soir, peinard, et je sens mon cerveau faire des loopings comme un avion de voltige. Mais ce qui me retourne le plus, c’est pas seulement la forme, c’est le fond. Parce que Ulysse, c’est aussi une plongée dans un Dublin pauvre, cabossé, qui sent la bière éventée, la misère qui gratte, les fins de mois qui commencent le 3. On y croise des types qui comptent leurs pièces, des femmes qui serrent les dents, des vies qui tiennent avec trois bouts de ficelle et un peu d’espoir. Et pourtant, jamais Joyce ne tombe dans le misérabilisme. Il montre la pauvreté comme elle est : dure, sale, injuste, mais vivante, vibrante, pleine d’humains qui se débattent, qui rient, qui pleurent, qui espèrent encore un peu. Et là, forcément, ça te renvoie à nous, en 2026. À nos galères, à nos factures qui s’empilent comme des menaces, à nos fins de mois qui ressemblent à des parcours du combattant, à nos boulots qui tirent sur la corde, à nos vies qui tanguent. Tu lis Joyce et tu te dis : « Bon sang, rien n’a changé ». Les visages ont changé, les rues ont changé, mais la misère humaine, elle, elle a la peau dure. Elle traverse les siècles comme une vieille malédiction qui refuse de crever.
Et pourtant, dans cette cacophonie sociale, Joyce trouve encore le moyen de faire rire. Un rire nerveux, un rire jaune, un rire qui te dit : « Ouais, c’est dur, mais on est encore là ». C’est ça qui me scotche. Cette capacité à mêler la tragédie et la blague, la philosophie et la gaudriole, la sociologie et la poésie. C’est un roman qui te parle de la condition humaine avec la même intensité qu’un boxeur qui te met un direct dans le foie. Et franchement, par les temps qui courent, ça fait du bien. Parce qu’on vit dans une époque où les religions regonflent leurs muscles, où les idéologies sombres ressortent des placards comme des cafards attirés par la lumière, où les discours se durcissent, où les certitudes s’empilent comme des parpaings. Et au milieu de tout ça, t’as Joyce qui débarque, qui te dit merde avec élégance, qui dynamite les conventions, qui te rappelle que la pensée doit rester libre, sauvage, indomptable. Joyce, c’est un Marcel Proust anarchiste, révolté et trashouille. Là où Proust te murmure à l’oreille, Joyce te hurle dessus depuis la cuisine. Là où Proust t’invite à une danse lente, Joyce te balance dans un pogo littéraire. C’est la même finesse, la même profondeur, mais avec des clous rouillés dans les poches et un sourire de pirate. Et moi, ça me régale. Je lis ça comme on boit un alcool fort, avec un petit frisson dans la nuque et l’impression que ça va me brûler jusqu’aux orteils. Ce roman, c’est un miroir déformant de l’humanité, un miroir qui grossit nos failles, nos obsessions, nos désirs, nos contradictions. Et ce qui est fou, c’est que tout sonne encore juste. On est en 2026, on a des IA, des drones, des guerres absurdes, des réseaux sociaux qui tournent à la foire aux vanités, et pourtant Ulysse parle de nous comme si Joyce avait eu une boule de cristal dans sa poche. Il avait compris avant tout le monde que l’humain est un foutoir magnifique, un chaos organisé, un carnaval permanent. Je suis enchanté de le lire maintenant. Enchanté comme un gosse qui découvre un trésor dans un grenier. Enchanté parce que ce roman me rappelle que la littérature peut encore être un coup de poing, un cri, une fête, un bordel sacré. Enchanté parce que Joyce me prouve qu’on peut être libre, insolent, inventif, même quand le monde devient gris comme un trottoir mouillé. Alors oui, Ulysse, c’est dingue. C’est vivant. C’est incandescent. C’est sociologique, politique, humain, drôle, tragique, tout en même temps. C’est un roman qui te regarde droit dans les yeux et qui te dit : « Hé, mon pote, t’es vivant, alors arrête de marcher au pas ». Et moi, je dis merci. Parce que ça, en 2026, ça vaut de l’or. Si tu veux t’y plonger, ma caille, laisse-moi te souffler un tuyau de derrière les fagots : chope la première traduction, celle d’Auguste Morel. Une pépite. L’édition Gallimard de 1965, en poche, ça se chine encore si t’as l’œil du brocanteur affamé. La nouvelle version, elle, a été rafistolée par huit traducteurs qui ont dû bosser comme des castors sous cafeine : résultat, le bouquin passe de 700 à 1200 pages. Une vraie bête de foire. À toi de choisir ton camp, camarade, selon que tu veux un marathon ou un ultra‑trail littéraire. Moi, je te le dis franco : la première traduction suffit largement, mais c’est que mon avis de vieux lecteur qui a déjà mangé son poids en pavés.
Aujourd’hui, ce roman là, c’est devenu mon chouchou du vingtième siècle, mon doudou de chevet, mon compagnon de nuit pour un bon bout de temps. Un truc qui te retourne la tête et te remet les idées en place, comme seuls les grands savent le faire…