Amicalement Vôtre : une série culte à revoir pour moi ! (Chronique de série)

Aujourd’hui, on remonte le temps, mon pote : direction 1971, l’époque où deux types que tout opposait faisaient équipe pour sauver le monde en costard et en cabriolet. Un duo culte, du panache, de la tchatche et des baffes élégantes. Amicalement Vôtre, et amicalement dans ta rétine.

Laisse moi te causer d’un monument télévisuel, mon pote. J’adore cette série que je matte tous les ans. Un truc qui sent la classe, la tôle froissée et la gomina : Amicalement Vôtre. Une série qui te balance du glamour comme d’autres balancent des baffes, et qui te prouve qu’en 1971, on savait faire de la télé qui pétillait plus qu’un champagne mal secoué. Le concept, c’est simple comme un pastis : tu prends un lord britannique, Brett Sinclair, tiré à quatre épingles, avec un accent qui pourrait découper du marbre. Tu l’interprètes avec Roger Moore, l’homme qui a inventé le clin d’œil qui tue. Tu lui colles dans les pattes Danny Wilde, un Américain self‑made man, Tony Curtis en roue libre, grande gueule, sourire carnassier, et chemises ouvertes jusqu’au nombril. Et tu secoues. Fort. Résultat : une amitié improbable, cousue main par un juge retraité qui a dû s’ennuyer sévère dans sa villa. Les deux zigotos se retrouvent à résoudre des affaires que même les services secrets n’osent pas toucher. Des crimes, des complots, des magouilles internationales, le tout emballé dans un humour qui claque comme une gifle de belle‑mère. Et puis l’esthétique, mon vieux… Ah, l’esthétique !

Des châteaux, des rivieras, des hôtels particuliers, des routes qui serpentent comme des danseuses de cabaret. On voyage en Europe comme si on avait gagné au loto. Brett Sinclair, lui, se balade en costard sur mesure, tellement bien taillé qu’on dirait qu’il a été cousu directement sur sa peau. Danny Wilde, c’est l’inverse : look décontracté, chemise ouverte, style “je viens de sortir d’un bar mais j’ai quand même la classe”. Cette opposition, c’est le moteur de la série. Le raffinement contre la spontanéité. Le thé contre le bourbon. Le flegme contre la castagne. Et pourtant, ça fonctionne. Ça fonctionne même tellement bien que tu te demandes si les deux acteurs ne s’envoyaient pas des vannes entre les prises. Et la musique, parlons en. John Barry, le maestro de James Bond, te pond un générique qui te colle des frissons dans le dos. Une mélodie élégante, nerveuse, qui te dit : “Attache ta ceinture, mon pote, ça va swinguer.” Alors oui, la série n’a duré qu’une saison. Une seule. Mais quelle saison ! Une pépite. Un diamant. Un truc qui brille encore aujourd’hui dans la mémoire collective. Parce qu’elle a osé mélanger l’action, l’humour, le charme, et cette amitié improbable entre deux types que tout séparait sauf l’envie de foutre un peu d’ordre dans le bazar. Amicalement Vôtre, c’est plus qu’une série. C’est une époque. Un style. Un panache. Un clin d’œil éternel. Et moi, mon pote, je te le dis : des duos comme ça, on n’en fait plus. Ou alors, il faudrait ressusciter la classe. Et ça, c’est pas gagné.

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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