Mes petits poulpes en vadrouille, figurez‑vous que même mon nombril a décidé de jouer les divas. Une simple cicatrice, et paf, ça vire au rouge tomate, ça gratte, ça pique, ça fait son intéressant. Résultat. Urgence. Fil rebelle. Pansements quotidiens. Et moi, encore embarqué dans un feuilleton médical dont je me passerais bien... Ambiance
Évidemment, chez bibi, même une opération du nombril, ça peut pas se dérouler comme chez les gens civilisés. Non. Faut toujours qu’il y ait un rebondissement, un cliffhanger, un truc à raconter au comptoir. J’suis foutu comme ça : la vie me file des aventures même quand je demande juste une cicatrice pépère. Voilà-t-y pas que mon nombril commence à virer au rouge tomate et à jouer les piments d’Espelette. Ça pique, ça tire, ça gratte, bref, ça fait son intéressant.
Moi, prudent comme un scout traumatisé par la septicémie de 2011 (ah, ce grand cru-là, j’vous le recommande pas), je désinfecte tous les jours comme un moine tibétain qui récite des mantras à la Bétadine. Sauf que depuis quinze jours, ça suinte. Pas un Niagara, hein, mais un petit filet suspect, le genre de truc qui murmure : « Hé, mon gars, y’a un truc qui cloche dans la plomberie ». Alors j’envoie une photo au service de chirurgie, histoire d’avoir un avis éclairé.Et là, BIM : convocation en urgence.
Pas “venez quand vous pouvez”.
Pas “passez demain”. Non : URGENCE. Le genre de mot qui te fait serrer les fesses même si c’est le nombril qui déconne. Je saute dans un train, j’enchaîne avec un bus, timing de ninja. J’arrive au CHU, et là, verdict :
Un fil du dessous qui ressortait. Oui, monsieur-dame. Un fil. Le machin a décidé de pointer le museau comme un lombric curieux. Résultat : inflammation générale, feu d’artifice cutané, nombril en mode volcan d’Auvergne. Les soignants, eux, étonnés.
« C’est pas classique », qu’ils disent. Sans blague. Moi non plus, j’aimerais bien être classique une fois dans ma vie médicale. Une seule. Mais non, faut toujours que mon corps improvise du théâtre expérimental.
Ils nettoient, ils grattent, ils arrangent, ils font leur magie. Et ils m’annoncent la suite : Infirmière tous les jours pendant quinze jours. Pansement spécial quotidien. Et rendez-vous le 11 mai pour retirer le fil rebelle. J’étais à un cheveu, de l’infection. Encore une fois, la vie a joué à “pile ou face” avec mon nombril.
Moralité : La vie tient toujours à un… fil.