Ici gît Babybel, petit fromage rouge et grand seigneur du goûter (Oraison Funèbre fromagère)

Approchez vous. On va dire adieu comme il se doit à un héros rond comme un soleil miniature. Un compagnon de récré. Un moine en cire rouge. Babybel nous a quittés. Et le monde a perdu un peu de son goût. Deus te benedicat !

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Nous sommes réunis ici pour rendre hommage à Babybel. Petit fromage rouge. Ami fidèle des cartables. Seigneur discret des goûters d’école. Ici gît le disque lacté qui a nourri nos enfances sans jamais demander la gloire. Souvenir avec nos grands parents. Ici repose le moine trapu en soutane de cire. Celui qu’on déshabillait avec les doigts comme un trésor interdit. Celui qui se laissait croquer sans un mot. Babybel, tu vois, tu n’étais pas qu’un fromage. Tu étais un rituel. Une pause sacrée. Un moment de paix dans le chaos des journées. Aujourd’hui, tu rejoins le grand plateau céleste. Là‑haut, entre le Saint‑Nectaire et le vieux Comté. Nous baissons la tête.

Nous retirons la cire rouge comme on ôte un chapeau devant un sage. Et nous te disons merci. Merci pour les récrés où tu brillais comme un petit soleil. Merci pour les pique‑niques où tu roulais dans l’herbe comme un moineau dodu. Merci pour ta douceur. Ta rondeur. Ta simplicité. Merci d’avoir été là quand le monde faisait la gueule. Aujourd’hui, Babybel, nous te pleurons. Mais avec un sourire. Parce que tu nous as appris que le bonheur tenait parfois dans un rond blanc emballé dans du rouge. Repose en paix, petit fromage. Que les anges te servent du pain frais. Que les saints te rangent dans le tiroir du haut. Et que le paradis te garde au frais. Tu l’as bien mérité, vieux frère lacté. Ite in pace Dei !!!

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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