A la bonne soupe ! (Texte caustique politique)

Voilà t’y pas que je t’ai pondu un petit laïus bien punchy pour te dire ma désolation, mon pote, quand je vois fleurir des candidats comme des pissenlits au printemps, tous persuadés d’avoir la carrure pour grimper sur le trône suprême dans un an. Une vraie foire à la saucisse où chaque zigoto se prend pour le Messie du dimanche ...

Alors là, mon pote, laisse moi te dire que je suis resté comme deux ronds de flan. Voilà que les vieilles gloires du paysage politicien, tu sais, les anciens ministres en fin de carrière, les ex‑conseillers qui ont raté plus de marches qu’un ivrogne dans un escalier, se réveillent tous d’un coup avec l’idée lumineuse de se présenter à la grande course au Palais Suprême de 2027. Hollande, Barnier, De Villepin, Retailleau, Attal, Philippe… On dirait un vide‑grenier où chaque bibelot se prend soudain pour un trésor national. Ces briscards, qui ont passé dix ans à se vautrer dans des dossiers plus glissants qu’une savonnette dans une douche collective, se pointent aujourd’hui en bombant le torse, persuadés d’être “présidentiables”. Présidentiables, mon œil !

caricature de Ioo

La plupart ont quitté leurs postes dans des conditions plus que discutables, avec des bilans qui feraient pleurer un comptable et des casseroles qui résonnent encore dans les couloirs. Mais non, les voilà qui reviennent, sûrs d’eux comme des coqs sur un tas de fumier. Et moi, je te le demande : depuis quand on se présente à la plus haute fonction du royaume quand on a déjà raté la marche du ministère ? Depuis quand l’échec devient un tremplin ? Depuis quand la gamelle est un CV ? On dirait qu’ils ont confondu ambition et amnésie. Parce que faut voir l’ego, mon pote. Des ballons de baudruche, ces types là. Tu leur souffles dessus et ils montent au plafond. Ils ont une confiance en eux qui ferait passer un paon pour un animal modeste. Ils se regardent dans la glace et ils voient un sauveur, alors que nous, on voit juste un type qui a déjà prouvé qu’il ne savait pas tenir la barre sans percuter le quai. Franchement, je les trouve indécents. À force de vouloir revenir sur le devant de la scène, ils finissent par ressembler à ces vieux chanteurs qui insistent pour faire un comeback alors que même leur playback demande sa retraite.

Bref, mon pote : si l’ambition était un carburant, ces gens‑là pourraient alimenter tout le pays. Mais la décence, elle, est restée au vestiaire.

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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