Les chiffres alarmants de la santé mentale des jeunes, on bouge quand ? (Texte caustique sur la société)

Mon pote, aujourd’hui on va causer de la jeunesse, celle qui rame dans un monde qui lui tombe dessus comme un piano du troisième étage. Entre les enquêtes qui tirent la sonnette d’alarme et les vieux réflexes qui collent aux semelles, il est temps de regarder la vérité droit dans les mirettes.

Alors écoute moi ça, mon vieux : voilà que les enquêtes tombent les unes après les autres, comme des tuiles sur un toit mal posé, et toutes disent la même chose : les jeunes, dans notre beau royaume de France, ils en bavent. Pas un peu, hein. Beaucoup. Trop. Les spécialistes parlent de “crise silencieuse”, mais silencieuse, mon œil : ça hurle dans les couloirs, ça craque dans les têtes, ça fatigue les cœurs.

EXCLU RMC. "Une crise silencieuse majeure": les chiffres alarmants de la santé mentale des jeunes

Les chiffres sont là, froids comme un frigo vide : anxiété en hausse, stress qui déborde, sentiment d’isolement qui colle à la peau comme un vieux pull en laine. Les urgences voient défiler des gamins qui devraient penser à leurs rêves, pas à leurs angoisses. Et pendant ce temps, les réseaux sociaux leur soufflent dans les oreilles des injonctions impossibles, des vies parfaites qui n’existent que dans les filtres et les mensonges bien éclairés. Mais ce qui me fout le bourdon, mon pote, c’est pas seulement ce que vivent les jeunes. C’est ce qu’on leur balance en plus sur le dos. Parce que l’ancien monde, celui des “On a toujours fait comme ça”, il leur pèse dessus comme un oncle bourré qui s’endort sur ton épaule au réveillon. Les anciens, dans notre France, ils ont trimé comme des forcenés, encaissé des violences qu’on n’appelait même pas violences, et maintenant ils comprennent plus rien à cette jeunesse qui refuse de se laisser broyer. Autour de moi, j’en vois des jeunes qui doivent dénoncer des comportements toxiques que personne n’a jamais jugés jadis. Qui doivent expliquer à des vieux de la vieille que non, souffrir n’est pas un rite initiatique. Que non, se taire n’est pas une vertu. Que non, la vie n’est pas un concours de qui encaisse le plus. Et quand ils osent ouvrir la bouche, on leur répond qu’ils exagèrent, qu’ils dramatisent, qu’ils sont fragiles. Fragiles, mon cul. Ils sont lucides. Et puis y’a le reste : les infos qui tournent en boucle comme un disque rayé, les catastrophes annoncées toutes les dix minutes, les crises qui s’empilent comme des assiettes sales. Comment tu veux qu’un gamin respire là‑dedans ? Comment tu veux qu’il avance quand tout le monde lui dit que le monde part en vrille ? Alors oui, les enquêtes sont factuelles, les chiffres sont sérieux, les experts tirent la sonnette d’alarme. Mais moi, ce que je vois, c’est une génération qui essaie de tenir debout dans un vent de face permanent. Une génération qui veut vivre autrement, penser autrement, aimer autrement. Une génération qui refuse de répéter les erreurs de l’ancien monde. Et ça, mon pote, ça mérite pas des moqueries. Ça mérite du respect. Alors on fait quoi ? On arrête de leur dire qu’ils sont trop ceci, pas assez cela. On écoute. On apprend. On se remet en question, même si ça fait grincer les articulations parce que tu es à la retraite. Parce que si on veut que la France ait encore un avenir, c’est pas en leur mettant des cailloux dans les poches. C’est en leur donnant de quoi marcher. Voilà. C’était le petit coup de gueule du jour d’un gars de 37 balais. Et encore, je n’ai même pas parlé de l’écologie, autre sujet de discorde entre les générations. Ce n’est pas pour faire peur. Pas pour faire pleurer. Juste pour dire que les jeunes méritent mieux que des sermons. Ils méritent qu’on les aide à respirer… Ils n’ont pas chercher à vivre dans ce monde cabossé. Alors si on veut que les jeunes aillent mieux, il va falloir faire des efforts, tout à chacun. Et même pour ceux qui ont déjà vécu mais ça… Ce n’est pas demain la vieille !

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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