Depuis l’annulation du FIBD 2026, c’est la foire d’empoigne à Angoulême : organisateurs évincés, nouveaux arrivants, recours en justice, coups de gueule et coups de théâtre. Et moi, qui vis le Grand Off et le prix de la BD alternative de l’intérieur, je regarde ce bazar avec le cœur qui chauffe.
Je vais te dire, mon pote : Angoulême, cette année, c’est plus un festival, c’est une cocotte‑minute sans soupape. Moi qui traîne mes guêtres au Grand Off, qui participe au prix du fanzine, qui porte mon zine Foutoir comme un étendard, j’ai vu le truc exploser de près. Depuis l’annulation de l’édition 2026, on vit un feuilleton digne d’un polar de gare, sauf que là, les flingues sont remplacés par des communiqués de presse et des avocats qui aiguisent leurs stylos. Le 21 avril, l’ADBDA a annoncé que le festival 2027 serait confié au groupe Morgane, les mêmes qui gèrent les Francofolies et le Printemps de Bourges. Sur le papier, ça sentait le renouveau, le dépoussiérage, le “on repart sur de bonnes bases”. Sauf que 9e Art+, les organisateurs historiques, ont pas avalé la pilule. Ils ont sorti les dents, les griffes et les dossiers. D’abord, ils ont attaqué l’ADBDA pour contester leur éviction. Et maintenant, cerise sur le couscous, ils attaquent aussi Morgane. Oui, oui : double recours, double baston, double migraine. Ils accusent l’appel d’offres d’être aussi transparent qu’une vitre couverte de cambouis. Selon eux, les critères ont changé en cours de route, les documents ont circulé en mode fantôme, et tout ça aurait été taillé sur mesure pour dégager les anciens et dérouler le tapis rouge aux nouveaux.
Résultat : audience prévue le 20 mai. Et là, mon pote, ça risque de chauffer comme une plancha en plein mois d’août. Pendant ce temps, Morgane avance, l’air de dire “on prépare 2027, merci bien”, pendant que les auteurs, les éditeurs, les bénévoles et les Offistes comme moi regardent ce cirque en se demandant si on aura un festival ou un champ de ruines. Parce que derrière les querelles de chapelles, y’a un truc qu’on oublie : Angoulême, c’est pas juste un événement. C’est un phare. Un repère. Un endroit où la BD respire, gueule, vit, se bat. Et quand tu vois ce big band institutionnel, ça te serre un peu la gorge. Moi, je continuerai à défendre le Grand Off, les fanzines, les alternatives, les marges, les zinzins, les passionnés. Parce que c’est là que bat le vrai cœur du festival. Mais j’aimerais bien qu’en face, les ex-grands organisateurs arrêtent de jouer à “c’est moi le chef, je vous attaque” et se rappellent qu’un festival, ça se construit, ça se protège, ça se respecte. Pour l’instant, Angoulême ressemble à un album dont on aurait perdu les planches. Et j’espère qu’en mai, quelqu’un retrouvera enfin le scénario…