À force de mater Roger Moore jouer les gentlemen cambrioleurs dans Le Saint sur la chaine INA, j’ai replongé dans les romans d’origine, ces vieilles cartouches de papier signées Leslie Charteris. Des reliques introuvables, sauf quand une bouquiniste magique te les déniche. Et là, mon pote… quel régal... Ambiance.
Faut que je te raconte ma dernière lubie littéraire, mon pote : ça m’a pris comme une envie de siffler un pastis à dix heures du matin. Je regardais pépère Le Saint sur la chaîne INA de Prime Video, (Voir ma chronique sur le sujet : Le Saint, une série toujours culte ? (Texte de Sérivore) Roger Moore en costard nickel, sourire de chat qui a trouvé la crème, et d’un coup, paf, illumination : “Et si je lisais les romans d’origine ?” Tu sais, ces bouquins qui ont servi de carburant à la série de 1962. Ni une ni deux, je me lance dans la chasse au trésor. Parce que les romans du Saint, écrits par Leslie Charteris, ça ne court plus les rues. Le gaillard en a pondu plus d’une centaine entre 1928 et les années 60, mais en VF, on en trouve surtout une bonne vingtaine, traduits à l’époque et jamais réédités depuis. Autant te dire que c’est pas chez Carrefour que tu vas tomber dessus. Heureusement, j’ai une arme secrète : Mélinda, la bouquiniste du coup de coeur de Merlimont.
Une fée du papier, une archéologue du livre, une magicienne qui te déniche un volume introuvable comme si elle tirait un lapin d’un chapeau. Je la salue bien bas, la camarade. Et pour les bouquins neufs, je fais confiance à mes libraires Albertins, toujours prêts à me dégoter ce que je cherche. Bref, grâce à cette équipe de choc, je me retrouve avec trois exemplaires d’époque, couverture jaunie, odeur de grenier chic, typographie qui sent bon les années 50. Et là, je me plonge dedans. Alors oui, c’est pas du Peter Cheyney, c’est pas du polar noir qui te gifle avec des métaphores qui sentent la poudre. C’est plus sage, plus propre, plus gentleman. Mais ça se lit comme du petit lait. Simon Templar, alias Le Saint, c’est un mélange de voyou élégant, de Robin des Bois moderne et de charmeur professionnel. Ça file droit, ça bavarde juste ce qu’il faut, ça cogne sans vulgarité, et ça te raconte des aventures qui sentent la vieille Europe, les hôtels feutrés, les bijoux volés et les coups tordus. Une lecture qui glisse, qui détend, qui te ramène à une époque où les héros portaient des gants et où les méchants avaient de la tenue. Et puis, faut le dire : tenir entre les mains ces reliques, ces éditions d’époque, ça a un charme fou. C’est comme si tu ouvrais une porte vers un monde où les romans d’aventure se lisaient dans le train, entre deux gares, avec un sandwich au jambon dans la poche. Alors voilà : si t’as l’occasion de tomber sur un Saint en brocante, saute dessus. C’est pas du grand polar noir, mais c’est une tranche d’histoire, un petit plaisir vintage, un héros qui a traversé les décennies sans perdre son panache. Et moi, je me suis régalé. Merci Mélindouille et mes potes libraires et merci Roger Moore d’avoir rallumé la flamme !