Jean‑Paul Jennequin, le mini‑maître du grand esprit (Chronique Culturelle)

Jean‑Paul Jennequin, c’est un monument discret : traducteur, fanzineux, sociologue du quotidien, pionnier de l’expression LGBT dans la BD, et auteur du merveilleux Mini de la semaine. Une lecture fraîche, drôle, intelligente, qui m’a appris des choses et donné envie d’en découvrir encore plus... Découverte et éclairage...

Faut que je t’avoue un truc, mon pote : y’a des auteurs qui ne font pas de bruit, mais quand tu les lis, t’as l’impression qu’ils t’ouvrent une fenêtre dans la tête. Jean‑Paul Jennequin, c’est exactement ce genre de type. Pas un matamore, pas un braillard, pas un de ces scribouillards qui te secouent la manche pour que tu les regardes. Lui, il avance tranquille, avec ses minis A6 photocopiés, et pourtant, à l’intérieur, c’est un feu d’artifice de finesse, de savoir, de tendresse et de rigolade. Son Mini de la semaine, je l’ai dévoré comme un carnet secret qu’on aurait oublié sur un banc. J’y ai appris des trucs en sociologie, des références que je connaissais même pas, des pistes de lecture qui m’ont donné envie de plonger dans des bouquins dont j’ignorais l’existence.

Et tout ça raconté avec une simplicité désarmante, une clarté de vieux sage qui aurait troqué sa toge contre un sweat à capuche. Mais attends, c’est pas tout : ce gars-là, il a vécu mille vies. Premier à publier un fanzine sur l’homosexualité, Bulle Gaie, à une époque où fallait avoir le cœur bien accroché pour oser ça. Traducteur de Donald, de Picsou, de comics en pagaille, un artisan du verbe qui a façonné notre imaginaire sans qu’on sache que c’était lui derrière le rideau. Et puis dans ses minis, il te parle de tout : de son chien, de son couple, de ses lectures, de ses humeurs, de ses souvenirs, de ses obsessions, et tu te retrouves à sourire comme un benêt parce que tout sonne juste. C’est intime sans être impudique, drôle sans être lourd, profond sans être pesant. Un équilibre rare, comme un funambule qui marcherait sur un fil tendu entre deux étagères de BD. Moi, je suis tombé amoureux de son ton, de sa façon de regarder le monde, de cette douceur lucide qui te réchauffe sans te bercer d’illusions. Jennequin, c’est un de ces types qui transforment le quotidien en petite aventure humaine, qui te rappellent que la vie, même dans ses détails les plus minuscules, mérite d’être racontée. Et je te le dis sans rougir : je suis fan. Fan comme un gosse qui découvre qu’il existe encore des trésors dans les brocantes. Parce que dans ce bordel qu’on appelle la vie, des voix comme la sienne, ça te remet les idées en place. Ça te fait du bien. Ça te rappelle que la sincérité, la vraie, ça existe encore.

Je te conseille donc la lecture de ce petit bijou ! Tu peux l’acheter dans la boutique Lilloise, en ligne, Croâfunding, ici ! ———-) Le mini de la semaine (Recueil 1)

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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