"From a Page", les pages perdues qui reviennent frapper à la porte du groupe "Yes" (Chronique culturelle)

Yes ressort des tiroirs quatre morceaux oubliés de 2010, écrits par Oliver Wakeman et portés par la dernière voix de Chris Squire. Un disque fantôme qui revient hanter la discographie avec une douceur étrange.

Mes petits poulpes en chaussettes, laissez‑moi vous causer d’un album qui n’aurait jamais dû exister et qui pourtant débarque comme un revenant poli. From a Page, c’est Yes qui ouvre un vieux classeur poussiéreux, qui tombe sur des chansons oubliées, qui se dit que finalement ça ferait pas de mal de les laisser respirer. Ces morceaux datent de 2010. Ils ont été écrits pendant une période bizarre du groupe. Une période où Yes avançait sans Jon Anderson.

Une période où Benoît David chantait avec une élégance fragile. Une période où Oliver Wakeman tentait de ramener un peu de magie familiale dans les claviers. Et au milieu de tout ça, il y avait Chris Squire. Le patron. Le dernier pilier. Le type qui tenait la baraque avec son sourire de pirate et sa basse qui ronronnait comme un moteur de vaisseau spatial. Les morceaux n’avaient pas été retenus pour Fly from Here. Ils étaient restés dans un tiroir. Ils dormaient. Ils attendaient. Et puis Squire est parti. Et puis Wakeman a rouvert les dossiers. Et puis il s’est dit que ces chansons méritaient de vivre. Alors il les a sorties. Il les a polies. Il les a offertes au monde comme on offre une lettre retrouvée derrière un meuble. To the Moment claque comme un rappel de ce qu’aurait pu être Yes version 2010. Words on a Page flotte comme une plume nostalgique. From the Turn of a Card joue la carte de la douceur. The Gift of Love ferme la marche avec un parfum de grand Yes, celui qui prend son temps, celui qui étire les émotions comme un chat étire ses pattes au soleil. Et je vous le dis, mes poulpes en chaussettes, From a Page n’est pas un album. C’est un message. C’est un souvenir. C’est un petit bout de musique qui revient frapper à la porte en disant “Hé, on m’avait oublié, mais je suis encore là”. Et ça fait du bien. Parce que dans chaque note, il y a un peu de Squire. Un peu de Wakeman. Un peu de ce Yes qui avançait en boitant mais qui avançait quand même. C’est un de mes groupes de rock préférés avec les Flower Kings ! Des groupes qui font beaucoup de bien. Alors on l’écoute ? Moi, je répond Yes !

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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