Ciotti, le discours fou du justicier qui voit flou ! (Texte caustique politique)

Dans cette chronique du Patfawloscope, on retrouve Monsieur Ciotti, politicien persuadé d’être le dernier rempart contre la décadence sociale. Il tonne, il gronde, il sermonne. Mais dès qu’on gratte un peu, ses contradictions brillent comme un néon dans une arrière‑salle de bistrot... Ambiance.

Monsieur Ciotti, maire de Nice, mes agneaux, c’est un numéro de cirque à lui tout seul. Un politicien qui grimpe sur les estrades comme un coq sur son tas de fumier. Il braille que la fraude sociale est la lèpre du pays. Il jure que les vrais coupables, ce sont les petits, les éclopés, les fatigués, les gens qui tirent la langue en fin de mois. Bref, la piétaille. Jamais les gros poissons. Oh ça non. Les gros poissons, il les connaît. Il les fréquente. Il les tutoie même parfois. Mais ça, évidemment, il n’en souffle pas un mot dans ses discours enflammés. Parce que ça ferait désordre dans la mise en scène. Alors il préfère viser les moustiques plutôt que les éléphants. Ça fait moins de bruit quand ça tombe. Et ça évite de se fâcher avec les copains du dessus. Sauf que voilà. Dans les couloirs, ça murmure. Ça chuchote. Ça ricane même un peu. Parce qu’on raconte que la vieille maman Ciotti, la douce, la tendre, la sacrée mémère, occupe depuis des années un lit dans un service censé accueillir les gens pour trois semaines, pas plus. Un lit payé par la collectivité, évidemment. Mais attention. Monsieur Ciotti, lui, il jure que tout est médical. Réglementaire. Validé. Béni par les anges. Et que c’est ignoble d’insinuer le contraire. Et pendant qu’il s’indigne, qu’il s’étrangle, qu’il joue les vierges effarouchées, il continue de hurler à la fraude des petits, des faibles, des malades. Comme si mémé avec son arrêt maladie était devenue la reine du casse du siècle. Et nous, on l’écoute. Un sourcil levé. Façon tiens, c’est marrant comme certains aiment distribuer des leçons qu’ils ne s’appliquent jamais. Mais le bougre ne s’arrête pas là.

Caricature de Ioo

Non. Il en rajoute une louche. Il explique que le pays croule sous les tricheurs. Que les assistés ruinent la nation. Que les fraudeurs sont partout. Sauf que, bizarrement, dans ses discours, les fraudeurs en costume trois pièces, ceux qui jonglent avec les factures, les notes, les arrangements, ceux‑là disparaissent comme par magie. Pouf. Envolés. Et quand on lui demande pourquoi, il répond avec son sourire de vendeur de tapis qu’il faut prioriser. Et sa priorité, c’est toujours la même. Taper sur ceux qui n’ont pas les moyens de répondre. Alors voilà. Mes lapins. Monsieur Ciotti poursuit sa croisade. Infatigable. Inoxydable. Persuadé d’être le chevalier blanc de la vertu sociale. Pendant que nous, pauvres clampins, on se dit qu’avant de traquer les miettes, il ferait peut‑être bien de regarder les miches de pain qui disparaissent dans les cuisines du pouvoir. Mais bon. Chacun sa logique. Chacun sa morale. Et Monsieur Ciotti, lui, a la sienne. Bien huilée. Bien pratique. Bien à lui. Une morale qui brille comme un miroir. Et qui, quand tu t’approches, reflète surtout ce qu’il voudrait qu’on ne voie jamais… Ah ! La belle morale de l’extrême droite !

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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