Artistes‑Auteurs : la réforme qui veut nous ranger dans des cases trop petites ! (texte politique)

Le gouvernement prépare une réforme de la protection sociale des Artistes‑Auteurs. Nouvelle gouvernance, Urssaf aux commandes, Conseil national fraîchement créé, promesses de simplification et inquiétudes syndicales. Une réorganisation qui prétend clarifier, mais qui pourrait bien compliquer la vie de celles et ceux qui créent déjà dans la brume.

Mes petits homards en claquettes, asseyez vous deux secondes, parce qu’on va parler d’un truc qui sent la paperasse chaude et l’encre froide. Le gouvernement a décidé de retoucher le régime des artistes‑auteurs, comme si on était un vieux tableau à restaurer sans demander l’avis du peintre. Officiellement, c’est pour simplifier, clarifier, moderniser. Dans les faits, ça ressemble surtout à un grand déménagement administratif où on ne sait pas encore si on va retrouver nos chaussettes. La Sécurité sociale des artistes‑auteurs disparaît sous sa forme actuelle pour devenir un Conseil national tout neuf, brillant comme un meuble Ikea qu’on n’a pas encore monté. On nous dit que ce Conseil aura des représentants élus, des diffuseurs, des gens de l’État, tout ce petit monde censé veiller sur nos droits comme des bergers sur un troupeau nerveux. Et pendant ce temps, l’Urssaf récupère les clés de la maison. Affiliation, cotisations, action sociale, tout passe chez eux. On nous promet que rien ne change pour nos droits, que les taux restent les mêmes, que les seuils bougent juste parce que le Smic grimpe. Mais les syndicats, eux, tirent la moustache du chat en disant que la gouvernance, c’est bien joli, mais que si on n’a pas de vrai pouvoir dedans, ça sert à caler une table bancale. Ils rappellent que les artistes‑auteurs, ça fait des années qu’on rame dans une barque trouée, entre déclarations incompréhensibles, retards de traitement, et plateformes qui plantent plus souvent qu’un ficus mal arrosé.

Et là, on nous dit que tout va aller mieux parce que l’Urssaf prend la main. L’Urssaf. Celle qui nous envoie parfois des courriers qu’on lit trois fois avant de comprendre qu’on n’a rien compris. On nous promet aussi un médiateur national, un grand sage qui viendra trancher quand les administrations se renvoient la balle comme des gamins dans une cour de récré. On veut bien y croire, mais on garde le casque sur la tête, au cas où. Les syndicats, eux, rappellent que la réforme ne touche pas aux vrais problèmes. Les revenus trop bas. Les statuts flous. Les plateformes qui exploitent. Les diffuseurs qui payent quand ils veulent. Les artistes qui jonglent entre plusieurs métiers pour survivre. Et pendant que les ministères réorganisent les étagères, nous, on continue de bosser, de créer, de produire, de tenir debout avec des bouts de ficelle. Alors oui, peut être que ce Conseil national fera du bien. Peut être que l’Urssaf deviendra un interlocuteur clair. Peut être que la simplification sera réelle. Mais pour l’instant, mes petits homards en tongs, ça ressemble surtout à un changement de façade sans refaire les fondations. Et dans une maison déjà fissurée, ça fait un peu peur. On attend, on observe, on serre les dents. Et on espère que cette fois, on ne nous oubliera pas dans la dernière page du dossier.

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

Les derniers articles publiés