Dans cette chronique du Patfawloscope, on s’attaque à une contradiction qui revient comme un vieux disque rayé ; vouloir plus de sécurité tout en coupant les aides aux plus pauvres ; une équation bancale qui fait semblant d’être logique mais qui, dès qu’on gratte un peu, s’effondre comme un château de cartes sous la pluie...Explications.
Mes choupettes, asseyez vous deux minutes, parce qu’on va causer d’un truc qui gratte sous la laine. Cette idée qu’on pourrait avoir plus de sécurité en coupant les aides aux plus pauvres. Comme si la misère allait disparaître par magie, pouf, envolée. Alors que c’est exactement l’inverse qui se passe, et je vous dis ça calmement, sans gueuler, juste avec les faits. Parce que les faits, eux, ne votent pas. Ils s’empilent, ils s’obstinent, ils montrent que les quartiers les plus pauvres sont ceux où l’insécurité explose. Que la délinquance suit la pauvreté comme l’ombre suit le lampadaire. Que les prisons débordent de gens issus des vingt pour cent les plus fauchés. Que les vols montent, que les cambriolages montent, que les embrouilles montent. Et que couper les aides, c’est comme vouloir éteindre un incendie en balançant un jerrican de super. Ça flambe, ça crépite, ça s’emballe. Et pendant ce temps là, on fait semblant de croire que les prestations sociales sont un cadeau. Alors qu’elles font baisser la pauvreté de huit points. Qu’elles empêchent des millions de gens de tomber dans le trou. Qu’elles évitent que les gamins grandissent dans des zones où l’avenir ressemble à un mur de béton. Et quand on coupe, qu’est ce qui se passe. C’est simple. La criminalité grimpe.
Charlot et le kid. Personnage de vagabond miséreux comique du début du vingtième siècle.
Les études le montrent, les chiffres le montrent. Partout où on a retiré les aides, les délits ont bondi. Les vols ont augmenté. Les infractions ont suivi. Parce que quand tu n’as plus rien, tu fais n’importe quoi pour survivre. Et ça, ce n’est pas de la morale. C’est de la mécanique humaine. Et pendant qu’on parle de sécurité, on oublie que la pauvreté coûte un bras à l’économie. Que les gens qui n’ont rien consomment moins. Que les prisons pleines coûtent une fortune. Que les hôpitaux saturés coûtent une fortune. Que les écoles en galère coûtent une fortune. Et que plus la misère s’étend, plus les entreprises se barrent. Plus les classes moyennes fuient. Plus le cercle vicieux tourne. Pauvreté, insécurité, fuite, encore plus de pauvreté. Et on recommence. Et certains croient viser les profiteurs. Mais en réalité, ce sont les ouvriers, les familles monoparentales, les seniors modestes qui trinquent. Et l’insécurité, elle, ne demande pas la carte d’électeur. Elle frappe où elle veut. Pavillons, centres villes, banlieues. Tout le monde y passe. Et on dépense des fortunes en caméras, en policiers, en prisons. Alors qu’on pourrait investir dans l’humain. Dans l’éducation, dans le logement digne, dans les formations. Dans les aides qui relèvent au lieu d’enfoncer. Et si on veut vraiment plus de sécurité, il faut arrêter de croire que couper les cordes du filet va empêcher les gens de tomber. Parce que l’histoire, les chiffres, les faits, tout hurle la même chose. Plus on laisse les gens dans la grande précarité, plus l’insécurité explose. Et plus l’économie trinque. Alors voilà. Si on veut une société qui tient debout, il faut arrêter de casser les béquilles et commencer à réparer les jambes.