Mes petits loups, aujourd’hui on plonge dans un bain d’huile bouillante : les plaintes, les artistes, la justice, le mouvement MeToo, et cette vieille rengaine “faut‑il séparer l’homme de l’artiste”. On va faire ça propre. Mon explication.
Patrick Bruel se retrouve avec plus de neuf plaintes de femmes différentes. Avec Flavie Flament en prime. Et moi je ne suis pas du genre à hurler avec la meute. Ni à sortir la fourche. Ni à allumer le bûcher sur la place du village. Parce que c’est à la justice de faire son boulot. Point. Pas à nous. Pas aux réseaux sociaux. Pas aux excités du clavier qui jugent plus vite qu’ils ne lisent. Le lynchage médiatique c’est trop facile. Trop rapide. Trop con. Et surtout trop dangereux. En revanche, une fois condamné, là oui. On peut tout dire. Tout démonter. Tout analyser. Parce que la justice aura parlé. Et ça, mes agneaux, c’est la base. Sinon on retourne au Moyen Âge. On brûle des innocents. On coupe des têtes au hasard. On confond rumeur et vérité. Et heureusement que la justice existe. Heureusement qu’elle bosse.
Alors laissons‑la faire. Laissons‑la juger. Laissons‑la trancher. Maintenant, je vais te dire un truc : je suis ravi que le mouvement MeToo ait foutu un coup de pied dans la fourmilière. Que les prédateurs intouchables soient tombés de leur piédestal. Que les victimes soient enfin entendues. C’est une victoire. Une vraie. Une qui compte. Un artiste ne doit pas être pardonné juste parce qu’il chante bien. Parce qu’il joue bien. Parce qu’il peint bien. Non. Il doit être condamné pour ce qu’il a fait. Point. Et les victimes doivent être reconnues. Soutenues. Respectées. Pour les aider à se reconstruire. Et pour rappeler à toutes les autres personnalités qu’elles ne sont pas tout‑puissantes. La puissance d’un artiste, c’est sur scène. Dans son art. Pas dans sa vie privée. Pas dans les coulisses. Pas dans les chambres d’hôtel. En dehors de leur art, ils doivent être des humains normaux. Avec des limites. Avec des devoirs. Avec des responsabilités. Et les personnalités toxiques doivent se rééduquer. Se réparer. Se remettre d’équerre. Comme les victimes doivent se reconstruire. Je ne suis pas pour la rancœur éternelle. Tant que la personne a purgé sa peine. Comme Pierre Palmade. Comme Bertrand Cantat. Parce que si on pardonne aux anciens taulards repentis, alors les artistes doivent aussi pouvoir reprendre leur art. Sans qu’on leur tombe dessus à chaque respiration. Sinon ce n’est pas logique. Mes enfants. Et ça répond à la question “Faut‑il séparer l’artiste de l’homme”. Moi je dis oui. Tant que l’homme a purgé sa peine. Alors on doit pouvoir lire ses livres. Écouter sa musique. Regarder ses films. Parce que la justice aura fait son travail. Pour les morts, c’est encore plus simple. Ils ne peuvent pas revenir pour s’expliquer. Donc on remet tout dans le contexte historique. On arrête de juger le passé avec la morale du XXIe siècle. Sinon on fait des raccourcis débiles. On se radicalise. On coupe des têtes à tour de bras. Et chaque homme. Chaque femme. A le droit d’avoir fait des erreurs. D’avoir été un connard. D’avoir vécu dans une autre époque. Avec d’autres codes. Et tout ça résonne différemment aujourd’hui. Alors mes agneaux. Gardons la tête froide. Laissons la justice juger. Et gardons l’art vivant.