Ce matin, mardi 7 avril, j’ai voulu gribouiller un petit texte sur mon inquiétude en voyant la clique d’outre‑Atlantique jouer au concours de muscles avant même que j’aie avalé mon café. Ça m’a sauté à la figure comme un bouchon de champagne mal tenu, alors j’ai sorti la plume pour calmer la bête...
Ce matin, je me suis levé avec la tête encore chiffonnée comme un ticket de métro passé en machine, et avant même que j’aie eu le temps de dire bonjour à ma cafetière, le monde m’a sauté dessus comme un chat hystérique. J’ouvre les infos, et là, bam, direct dans les yeux, une nouvelle qui sent la poudre, la sueur et la connerie à ciel ouvert. Une histoire de détroit fermé, de pétrole coincé, de nerfs à vif, et de menaces balancées à la fraîche, comme si on parlait de renvoyer un colis Amazon et pas de foutre un pays entier en miettes avant le déjeuner. Je lis ça, encore en pyjama, les cheveux en pétard, et je me dis qu’on vit vraiment dans un monde où certains balancent des ultimatums planétaires avec la même décontraction que toi quand tu demandes un pain au chocolat. Une phrase, une seule, et hop, la planète se met à trembler comme une vieille machine à laver en fin de cycle. Et en face, l’autre camp répond que ça leur fait ni chaud ni froid, que les menaces, ça glisse sur eux comme la pluie sur un canard, qu’ils continueront leurs opérations comme si de rien n’était. Et toi, pauvre clampin du matin, t’es là, planté dans ta cuisine, à lire ça avec les yeux encore collés, en te demandant comment on en est arrivé à un monde où le premier qui parle hausse le ton jusqu’à faire trembler les plaques tectoniques. On vit dans une époque où la diplomatie ressemble à un concours de celui qui criera le plus fort, où les dirigeants jouent à « qui a la plus grosse menace » pendant que toi tu cherches ton sucre pour ton café. Je te jure, j’ai senti mon estomac faire un salto arrière. J’ai reposé mon téléphone comme si c’était une grenade dégoupillée. J’ai regardé ma tasse, qui fumait tranquillement, innocente, et je me suis dit que si je voulais survivre à cette journée, il valait mieux boire avant que quelqu’un annonce que le café est devenu une arme stratégique.
Alors j’ai bu. Une gorgée, puis deux, puis trois. Et pendant que la caféine me remontait dans les veines, je me suis dit qu’on vivait quand même dans un drôle de monde, un monde où tu peux te réveiller avec une menace de chaos mondial avant même d’avoir mis tes chaussettes. Un monde où les mots dépassent les actes, où les actes dépassent la raison, et où la raison, elle, a pris un billet aller simple pour les Bahamas.
J’ai soupiré, j’ai secoué la tête, j’ai repris une gorgée, et je me suis dit que si la planète doit exploser, au moins qu’elle me laisse finir mon café. Parce que franchement, commencer la journée avec une menace de fin d’un monde, c’est rude. Mais la commencer sans café, ça, c’est inhumain…