Autisme : quand les savants décident de secouer la cocotte (chronique maison)

Une nouvelle étude me susurre qu’il serait grand temps de séparer l’autisme en deux familles distinctes, chacune avec son pedigree génétique et sa manière de pousser comme une plante capricieuse.

Je tombe sur une chronique de Franck Ramus dans L’Express et je sens aussitôt que ça remue dans les étages. L’autisme, ce grand mot fourre-tout qu’on a empaqueté comme un déménagement fait à la va-vite, mériterait qu’on lui refasse la façade. Depuis des années, on a collé sous la même étiquette des profils qui n’ont rien à voir, comme si on rangeait dans le même tiroir les chaussettes, les couteaux de cuisine et les lettres d’amour. Résultat, les diagnostics patinent, les familles s’y perdent, les chercheurs rament, et les accompagnements ressemblent parfois à des costumes taillés sans prendre les mesures. Je lis que les scientifiques veulent revoir la définition, et je trouve que c’est une foutue bonne idée, à condition de ne pas bricoler ça avec des gants de boxe.

Il faut de la finesse, de la précision, de la lucidité, pas un coup de peinture vite fait pour dire qu’on a travaillé. L’Express insiste sur l’essentiel : remettre les choses à plat, c’est permettre à chacun de trouver sa place sans être noyé dans une catégorie trop large pour être utile. Je vois bien le tableau. Une définition mieux pensée, plus nuancée, permettrait de comprendre les trajectoires, d’identifier les besoins, de repérer les profils qu’on ne voit pas assez, notamment les féminins, souvent camouflés derrière des stratégies d’adaptation dignes d’un roman d’espionnage. Une définition mieux foutue, c’est aussi un outil pour les cliniciens, un phare pour les familles, un terrain plus stable pour la recherche. Je ne demande pas qu’on découpe l’autisme en rondelles comme un saucisson, mais qu’on arrête de faire croire qu’un seul mot peut contenir une galaxie entière de vécus. Si c’est bien fait, si c’est pensé avec respect et intelligence, revoir la définition n’est pas une menace, c’est une chance. Une manière de dire que chaque personne mérite d’être comprise pour ce qu’elle est, pas pour ce que la case impose. Je referme la chronique de L’Express avec l’impression qu’on tient là un chantier nécessaire. Pas un caprice de savants, mais une mise à jour indispensable pour que la réalité clinique, humaine, sociale, cesse d’être compressée dans un moule trop étroit. Remettre les choses à plat, oui. Mais bien, soigneusement, avec l’ambition de mieux servir celles et ceux qui vivent l’autisme au quotidien.

Autisme : pourquoi les scientifiques envisagent une nouvelle définition – L'Express

Le Patfawloscope : Textes, BD et autres joyeusetés maison !

Par Peter Patfawl

À propos de l’auteur de Le Patfawloscope : Itinéraires bis d’un auteur en roue libre ! …

Dans une autre vie, il a joué les vice‑présidents chez SOS Autisme, à ferrailler pour le handicap comme un boxeur qui refuse de rendre les gants. Pendant dix ans, il a pondu des manuels illustrés sur l’autisme et la dyslexie, des bouquins sérieux mais pas tristes, qui se sont écoulés à plus de quinze mille exemplaires, sans compter ses recueils d’humour comme Humour de Malade, où il dessinait la vie comme on la raconte au comptoir. Aujourd’hui, c’est le chef d’orchestre de Foutoir, un fanzine bimestriel qui sent la BD, l’encre fraîche et les nuits trop courtes, et le papa d’une saga historique, Jean le dernier des soldats, qui cavale dans les librairies. Sur les réseaux, ils sont quatre‑vingt mille à suivre ses aventures, preuve qu’il doit bien faire quelque chose de pas trop mal.

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