Voici une petite histoire en BD qui remonte à quelques années. Mais ne vous fiez pas à son âge : en période de bouclage, le temps passe, les dessinateurs transpirent et les emmerdements restent éternellement jeunes.
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Une histoire et au lit ! (Microfiction)
Je suis Arsène Dunet, enquêteur boiteux mais teigneux, celui qu’on appelle quand l’affaire sent le bizarre, le loufoque, le scandale qui pourrait faire rire la planète entière. Et là, mon gars, je suis sur un dossier qui me file des sueurs froides et des crampes au cerveau. Un type mystérieux, un fantôme nocturne, un zigoto de l’ombre, passe ses nuits à chatouiller les pieds des célébrités pendant qu’ils dorment. Oui, les pieds. Pas les comptes bancaires, pas les secrets d’État, pas les coffres-forts. Les pieds. Et pas n’importe lesquels : ceux des politiques, des grands patrons, des magnats de la finance, des stars qui se croient intouchables. Il les chatouille comme un gamin en colonie de vacances. Et ils se réveillent en hurlant, en riant, en paniquant, en se ridiculisant. Le monde entier devient un cirque, et moi, je dois empêcher que ça tourne au fou rire national. Le type est un professionnel. Un vrai. Il entre dans les villas, les hôtels, les résidences sécurisées comme si les alarmes étaient des décorations de Noël. Il se faufile dans les chambres, il soulève les draps, il approche ses doigts comme des plumes diaboliques, et il chatouille. Il chatouille jusqu’à ce que la victime se réveille en gloussant comme une dinde hystérique. Et le lendemain, les journaux parlent de “crises de rire nocturnes”, de “réveils incontrôlables”, de “somnambulisme hilarant”. Personne ne comprend. Moi, si. C’est lui. Le Chatouilleur. Je suis sur les dents. Je dors plus. Je mange plus. Je surveille les villas comme un chien de garde sous caféine. Je fais des rondes, je pose des pièges, je tends des micros, je scrute les ombres. Mais ce type est un fantôme. Un artiste. Un acrobate du ridicule. Il ridiculise les puissants comme d’autres écrivent des poèmes. Il se moque de tout le monde, et tout le monde devient une blague vivante. Les électeurs commencent à douter de leurs idoles. Les financiers tremblent de peur qu’on les surprenne en train de glousser. Les politiques se réveillent en sueur, persuadés qu’un complot du rire est en marche. Je dois l’arrêter. Je dois éviter un scandale absurde, un truc qui ferait s’écrouler la crédibilité de la moitié du pays. Parce que si les gens apprennent que leurs dirigeants se font chatouiller les arpions la nuit par un clown invisible, c’est fini. Le respect, envolé. La dignité, évaporée. Le sérieux, enterré. On aura des fou-rires en séance parlementaire, des crises de gloussement en conférence de presse, des ministres qui se grattent les pieds en direct. Je le traque. Je le sens. Je le frôle. Je manque de l’attraper chaque nuit. Il me glisse entre les doigts comme une anguille hilare. Il laisse derrière lui une odeur de talc et de moquerie. Je suis Arsène Dunet, et je refuse de laisser ce zigoto transformer le pays en cirque. Mais ce n’est pas une mince affaire.
De plus, l'homme se fait appeler Sacha Touille... Comment ne pas rire après ça ?
