Un sujet qui me fout en rogne : la psychanalyse qui veut remettre ses pattes sur l’autisme. Co‑auteur de “Le psychanalyste parfait est un connard”, je reste virulent : la HAS les a déjà classés dangereux, mais certains reviennent gratter. Alors je dégaine.
Voilà-t-y pas que trois mandarins du divan viennent encore nous jouer la sérénade du « c’est pas nous, c’est les autres ».Les types, ils ont passé cinquante piges à expliquer que si un gamin autiste ne parlait pas, c’est parce que sa mère avait raté son CAP de tendresse et maintenant que la Haute Autorité de Santé leur dit gentiment :« Les gars, votre méthode, c’est aussi efficace qu’un parapluie en dentelle sous la mousson »,eh ben ils montent sur leurs ergots comme des coqs sous amphètes. Ça couine, ça piaille, ça crie à la persécution clinique. On dirait des fromages qui refusent d’admettre qu’ils sentent la cave. Ils te sortent des phrases longues comme un jour sans pinard, avec des mots qui font savant, histoire de cacher que derrière, y a que dalle. Le vide intersidéral. Le désert du Gobi, mais sans les chameaux.
Pendant ce temps-là, les familles, elles, elles ont ramassé les pots cassés. Des années de culpabilisation façon « c’est votre faute, madame ».Des gamins laissés en friche parce que « faut pas stimuler, ça casse la symbolisation ».Des vies entières coincées dans le formol théorique. Et là, les trois mousquetaires du transfert viennent pleurer parce qu’on leur retire la médaille en chocolat. Ils parlent de « police de la clinique ».Mon vieux, si c’est ça la police, elle arrive cinquante ans en retard et sans gyrophares. La vérité, elle est simple comme un pastis :quand une méthode marche pas, on la range au grenier. On la garde pour les musées, les colloques poussiéreux, les soirées diapos entre initiés. Mais on arrête de la coller sur le dos des mômes. Alors oui, ça fait mal à l’ego. Ça pique comme un suppositoire au piment d’Espelette. Mais c’est pas une raison pour venir jouer les martyrs de la pensée libre. Messieurs les gardiens du divan, rangez vos violons, vos lamentations, vos grands airs de tragédie grecque. Le monde avance. Les familles aussi. Les gamins encore plus. Et si vous voulez continuer à parler de symbolique, de désir de la mère et de je-ne-sais-quoi, faites-vous plaisir. Mais laissez les enfants tranquille. Et surtout : laissez-les vivre dans le réel, pas dans vos romans théoriques dangereux et creux.