V’là une petite anecdote en BD, mes gens : un gribouillis du quotidien qui débarque en claquettes et te chatouille la soirée comme un diablotin sous caféine.
Une histoire et au lit (microfiction)
Dolly, c’était la serveuse du saloon, la reine des pintes, la duchesse des mousses, la madone des comptoirs. Une femme sculptée par le vent du désert et polie par les regards des cowboys. Elle avait un sourire qui faisait fondre les colts, un décolleté qui faisait trébucher les desperados, et une manière de dire « encore une, mon mignon » qui transformait les plus durs en marshmallows. Le saloon, c’était son royaume. Les cowboys venaient pour boire, mais ils restaient pour Dolly. Elle servait les bières comme une tireuse d’élite, sans jamais renverser une goutte, même quand la bagarre éclatait derrière elle. Elle esquivait les chaises volantes comme une danseuse de ballet, elle slalomait entre les ivrognes comme une coureuse de rodéo, et elle gardait toujours ce sourire, ce sourire qui disait « je vous tiens tous dans ma poche, les gars ».mais Dolly avait un talent particulier. Un truc étrange. Un phénomène que personne n’a jamais compris. Quand elle se mettait à danser, à tournoyer, à remuer ses hanches comme une tempête dans un corset, il se produisait une catastrophe. Une vraie malédiction. Une migraine collective. Une douleur qui frappait tout le saloon d’un coup, comme si un buffle invisible leur fonçait dans le crâne. Les cowboys se tenaient la tête, hurlaient, pleuraient, suppliaient qu’on arrête la musique. Même les plus coriaces, ceux qui avaient survécu à des fusillades, des pendaisons ratées et des bagarres de mineurs, se retrouvaient à genoux, les yeux en vrac, le cerveau en compote. Le pianiste tombait de son tabouret, le shérif se roulait par terre, le barman se cachait sous le comptoir en criant « pas encore, pas encore ».Et Dolly, elle, continuait de danser. Toujours souriante. Toujours légère. Toujours mystérieuse. Personne n’a jamais compris ce qui se passait. Certains disaient qu’elle avait un don. D’autres, qu’elle avait un démon dans les hanches qu’il faut supprimer... Elle faisait tourner les têtes pour faire passer la pilule...
Voilà, c’était la fameuse légende de DOLLY PRANE.
