Avant-hier soir, j'ai pris une claque existentielle de compétition. Une de celles qui vous arrivent sans prévenir, comme un pigeon suicidaire sur un pare-brise flambant neuf. Depuis des semaines, je voyais défiler les actualités sur l'intelligence artificielle. Suspicion sur des romanciers. Accusations en rafale. Experts qui tirent la sonnette d'alarme avant de claquer la porte. Affiches générées à la louche qui finissent toutes par avoir la même tronche de cousines germaines. Et puis le pompon : je présente la couverture de Foutoir, dessinée à l'huile de coude, montée avec Photoshop, et voilà qu'un collègue la balance dans un détecteur à bidouillages numériques avant de nous expliquer, en commentaire, qu'on fabrique un fanzine à l'IA. Là, mon cerveau a rendu les clés du camion. Pendant une bonne demi-heure, impossible de dessiner. Impossible d'écrire. Impossible même de gribouiller un canard boiteux sur un coin de papier. Le néant artistique intégral. Le désert des Tartares avec option panne de crayons. Alors je me suis assis. J'ai regardé tout ça. J'ai laissé mijoter la marmite neuronale. Et puis d'un seul coup, au lieu de pleurer dans ma soupe, j'ai éclaté de rire. J'ai imaginé Walking Dead revisité par notre époque. Plus de zombies baveux. Plus de morts-vivants en guenilles. Non. Une invasion de bots. Des armées de programmes. Des intelligences artificielles plus envahissantes qu'un vendeur d'aspirateurs sous LSD. Une apocalypse numérique totalement déjantée. Résultat des courses : dix planches de bande dessinée sorties à toute allure de mon ciboulot en surchauffe.
Une mini-BD complètement frappadingue.
Aujourd'hui, elle est disponible à l'impression à la demande chez l'éditeur-imprimeur TheBookEdition. Pour quatre petits euros, vous pouvez la commander dès maintenant et la recevoir la semaine prochaine dans votre boîte aux lettres. Et si vous préférez attendre que je reçoive mon stock, ce sera également possible dans les prochains jours. C'est court. C'est absurde. C'est foutraque. Ça part dans tous les sens avec l'élégance d'un sanglier sur une patinoire. Mais surtout, ça m'a permis de reprendre mon souffle et de remettre un peu de distance entre moi et ce monde qui accélère plus vite qu'une machine à laver remplie de cafetières.
Alors si le cœur vous en dit, embarquez dans le délire. Et bonne lecture, les amis !
https://www.thebookedition.com/fr/walking-bots-p-436613.html
