Une petite anecdotes lorsque j'étais enfant. Aha, pour vous mettre au parfum !
Une histoire et au lit (microfiction)
Mon nom est Lee Kershaw. Un tueur solitaire. Un cowboy comme on en fait plus, taillé dans le cuir sec et les mauvaises habitudes. J’ai été chercheur d’or, j’ai détroussé des filles, j’ai fini dégustateur professionnel de whisky, un métier qui vous rince le gosier et vous brûle la conscience. Nous sommes en 1870 et je viens de me retrouver avec un cadavre sur les bras. Un type étendu dans la poussière, raide comme une planche, les chevaux autour qui renâclent comme s’ils avaient flairé le diable. Le soleil tape sur la scène comme un juge qui veut tout voir. Je descends de ma monture, je m’accroupis, je regarde la face du mort. Une gueule que j’ai déjà vue dans un saloon, un joueur de cartes qui trichait avec la grâce d’un serpent. Pas le genre à mourir tout seul. Pas le genre à tomber sans qu’un autre ait tiré les ficelles. Je fouille ses poches. Rien. Pas même un dollar pour payer son passage vers l’au-delà. Juste une odeur de whisky bon marché et de regrets. Je me relève, je regarde la plaine. Le vent porte quelque chose. Une trace. Une présence. Une ombre qui s’éloigne. Je remonte en selle et je file vers la ville la plus proche, un trou de poussière nommé Dry Gulch, où les hommes parlent peu et mentent beaucoup. Le saloon est ouvert, comme toujours. Je pousse la porte et la musique s’arrête. Les regards se tournent vers moi. Je suis pas du genre à passer inaperçu. Je commande un verre. Je demande qui a vu le mort. Personne répond. Les langues sont plus sèches que le désert. C’est là qu’elle entre. Une fille comme on en croise une fois par vie. Cheveux noirs, regard qui vous découpe en tranches, robe rouge qui sent la poudre et le péché. Elle s’approche du comptoir, elle me regarde comme si elle lisait mes pensées. Elle dit qu’elle connaît le mort. Qu’il devait de l’argent à des gens qui n’aiment pas attendre. Qu’il avait rendez-vous avec un homme en noir, un cavalier sans nom qui traîne derrière lui une réputation de malheur. Je lui demande comment elle sait tout ça. Elle sourit. Un sourire qui ferait fondre un glacier. Elle dit qu’elle écoute. Qu’elle observe. Qu’elle survit. Je sors. Je remonte en selle. Je suis la piste du cavalier en noir. La plaine s’étend devant moi comme une promesse de sang. Le soleil descend. Les ombres s’allongent. Je trouve des traces de sabots. Je les suis. Je tombe sur un campement abandonné. Une bouteille vide. Une cartouche tirée. Une empreinte de botte. Je comprends que le tueur est proche. Je sens sa présence comme une fièvre. Je tends la main vers mon revolver. Le vent se lève. Un cheval hennit au loin. Je sais que la nuit va tomber avant que je trouve l’homme. Je sais aussi que la fille du saloon n’a pas tout dit. Les jolies filles disent jamais tout. Elles gardent les secrets comme des bijoux. Je remonte en selle. Je poursuis la piste. Le farwest est grand, mais les meurtriers laissent toujours une trace. Et moi, Lee Kershaw, je suis du genre à suivre les traces jusqu’au bout... Je prends mon poulain, je charge le colt que je garde en l’air ! et je vais cavaler pour retrouver ce tueur...
J’espère qu’il appréciera ce moment de détente !
