V’là une petite anecdote en BD, mes gens : un gribouillis du quotidien qui débarque en claquettes et te chatouille la soirée comme un diablotin sous caféine.
Une histoire et au lit ! (Microfiction)
Je m’appelle Ouna. Cavalier roi Charles de haute lignée, princesse du canapé, duchesse du coussin moelleux, impératrice des siestes prolongées. Je suis née pour dormir, c’est dans mes gènes, dans mon âme, dans mes moustaches. Les humains croient que je suis mignonne. Ils n’ont pas compris que je suis une stratège. Une génie. Une philosophie de la sieste. Je dors pour manger. C’est ma technique. Je ferme les yeux, je fais semblant d’être épuisée par une vie de dangers imaginaires, et hop, quelqu’un finit par dire « oh la pauvre, elle doit avoir faim ». Je n’ai rien fait. Je n’ai rien demandé. Je n’ai même pas bougé. Et je gagne une croquette. Je suis une artiste. Je maîtrise le soupir dramatique, celui qui dit « je suis faible, nourris-moi ». Je maîtrise le roulé-boulé, celui qui expose mon ventre comme une offrande sacrée. Je maîtrise le petit gémissement de princesse affamée, celui qui fait fondre les humains comme du beurre dans une poêle chaude. Je dors, je mange, je dors encore. La vie est belle. La vie est moelleuse. La vie est un coussin. Mais attention, je ne suis pas qu’une dormeuse professionnelle. Je suis aussi une chasseuse. Une guerrière. Une terreur du jardin. Une légende vivante.
Je chasse... Les feuilles mortes. Ah ça, les feuilles, je leur fais la guerre. Je les traque comme si c’était des criminels recherchés. Je les renifle, je les fixe, je les intimide. Je leur saute dessus avec la grâce d’un hippopotame en tutu. Et quand une feuille bouge, portée par le vent, je deviens une fusée. Je cours. Je zigzague. Je glisse. Je roule. Je me relève. Je repars. Je suis rapide. Je suis féroce. Je suis une flèche à oreilles pendantes. Les humains me regardent en se demandant si j’ai perdu la boule. Les enfants m’applaudissent. Les feuilles, elles, n’ont aucune chance. Quand j’en attrape une, je la secoue comme un trophée. Je suis fière. Je suis grande. Je suis puissante. Je suis Ouna, la terreur des feuilles. Puis, une fois la bataille gagnée, je retourne à mon canapé. Je me laisse tomber comme une star fatiguée. Je ferme les yeux. Je soupire. Et j’attends qu’une croquette tombe du ciel. Je dors pour manger. Je mange pour dormir. Et entre les deux, je sauve le monde des feuilles mortes. Et des fois mes maîtres décident de me donner moins de fromages, de gras car j’ai un souffle au cœur. Un scandale !
Ce n’est pas facile d’être un chien. Ça nourrit pas toujours son homme.
