Encore une Conférence nationale du handicap, encore le même cirque à trois balles. On déroule le tapis rouge, on sort les micros, on se congratule comme des majorettes en fin de parade, et tout ce beau monde se persuade d’avoir révolutionné la planète pendant que la vraie vie, elle, continue de se prendre les pieds dans les marches d’accès. Ça devient une habitude, cette foire aux illusions. On applaudit, on sourit, on se félicite, on se tape dans le dos, et pendant ce temps-là, les familles s’arrachent les cheveux pour obtenir un droit pourtant écrit noir sur blanc. Le parcours du combattant, c’est pas une expression : c’est le quotidien. Les délais qui s’étirent comme du chewing-gum, la paperasse qui s’empile, les guichets qui ferment pile quand t’arrives, et chaque compensation qu’il faut arracher comme un clou rouillé dans une planche vermoulue. Et l’école, parlons-en, tiens. On s’obstine à rafistoler des systèmes bancals, des machins brinquebalants que tout le monde critique, sauf ceux qui les pondent. Les gamins, eux, trinquent. Les parents gueulent, les pros alertent, les assos hurlent, mais ça tombe dans un trou noir administratif où même la lumière renonce à passer. Alors aller s’asseoir dans ces instances pour servir de décor, merci bien. Jouer les figurants dans un simulacre, très peu pour moi. Si la représentation institutionnelle exige de sourire pendant qu’on repeint la façade en cachant les fissures, je préfère rester dehors, à l’air libre, avec ceux qui se coltinent la réalité. Parce que les discours solennels, les engagements en carton-pâte, les promesses qui s’évaporent avant même d’avoir fini la phrase, ça ne change rien. Ce qu’il faut, c’est du concret : appliquer les lois, mettre des ressources sur le terrain, écouter ceux qui vivent le handicap au quotidien, pas ceux qui en parlent avec des slides PowerPoint. Et si ça ne dérange personne de continuer à déployer des PAS retoqués, voire de s’en féliciter comme si c’était la trouvaille du siècle, alors que dire. On applaudit la catastrophe, on décore l’échec, on met des rubans sur des béquilles cassées.Moi, je préfère rester utile plutôt que de me pointer à ces cérémonies d’autosatisfaction où on se congratule pendant que le terrain crie famine...
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