V’là un petit souvenir d’un été, en BD, mes gens : un gribouillis du quotidien qui débarque en claquettes et te chatouille la soirée comme un diablotin sous caféine.
Une histoire et au lit ! (Microfiction)
Je suis Betty Boop, la chanteuse, la pin-up, la petite voix qui fait fondre les hommes depuis des décennies. Mais j’en ai marre. Marre de chanter le soir devant des types saouls, des lourdauds, des mains baladeuses, des regards qui collent comme du caramel. Je suis fatiguée de faire la diva pour des ivrognes qui ne savent même plus prononcer mon nom. Je suis une icône, mais une icône fatiguée, une icône qui voudrait parfois disparaître derrière le rideau et dormir pendant une semaine. Alors je décide de boire un verre moi aussi. Pas un truc léger, pas un truc sucré. Une Suze Pastis. Personne ne connaît ce cocktail. Personne ne sait le boire. Personne ne sait le supporter. C’est costaud, c’est violent, c’est un mélange qui arrache la gorge et qui fait trembler les genoux. Mais moi, je le bois. Je suis la seule à pouvoir avaler ce truc sans tomber de ma chaise. Je bois, je chante, je ris. Je suis libre, enfin, pour un instant. Je sens la chaleur du cocktail me traverser, me réveiller, me donner une force étrange, une force de femme qui en a trop vu et qui veut juste respirer. Je regarde les hommes saouls, je les vois vaciller, je les vois s’accrocher à leurs verres comme à des bouées. Je me dis que je suis peut-être la seule lucide dans cette salle. Je bois encore. Je chante encore. Je suis Betty Boop, et je suis la reine de la Suze Pastis... Et quand le monde me saoul, je bois ses paroles !
