V’là une petite anecdote en BD, mes gens : un gribouillis du quotidien qui débarque en claquettes et te chatouille la soirée comme un diablotin sous caféine.
Une histoire et au lit ! (Microfiction)
Je suis détective, un vrai, un qui a roulé sa bosse dans des ruelles où même les rats portent des gilets pare-balles. Cette nuit-là, j’avais le nez dans une affaire qui sentait le sapin, le vrai, celui qu’on met dans les salons avant Noël, sauf que là, c’était pas pour accrocher des guirlandes mais pour enterrer des secrets. Une femme, une belle, une qui avait des yeux comme des billets de banque froissés, m’avait demandé de retrouver son mari disparu. Un type discret, trop discret, le genre qui laisse pas de traces sauf quand il veut qu’on les trouve. Je marche dans la ville, je renifle les trottoirs, je fouille les ombres, je parle aux ivrognes, aux fantômes, aux paumés qui connaissent les coulisses de la nuit. Je tombe sur un bar où le patron me dit qu’un gars louche a demandé un whisky en murmurant qu’il voulait disparaître. Je remonte la piste, je trouve un appartement vide, une fenêtre ouverte, un rideau qui danse comme une robe de bal. Et là, je comprends. Le mari s’est planqué pour fuir sa femme, une vraie furie qui voulait le transformer en mari modèle. Je le retrouve dans un motel, en slip, en panique, persuadé que sa femme est un démon. Je lui dis que je vais arranger ça. Je mens. Je ramène la femme. Elle le regarde. Il s’évanouit. Elle me paie. Je me dis que l’amour, c’est vraiment un polar où tout le monde finit suspect.
Ça sentait le sapin et évidemment j’avais les boules. C’était Noel avant l’heure.
